mercredi 27 août 2014

The Salvation

Ruée vers l'Ouest

Note : 18/20


Un puissant et excellent Western européen comme il n’y en a pas eu depuis très longtemps, extrêmement référencé et ayant le goût des vrais classiques, s’appropriant parfaitement les codes du genre, très ambitieux dans ses idées scénaristiques et pouvant compter sur un solide casting




Le Western. Un genre qui, pour beaucoup, appartient presque exclusivement aux Etats-Unis. C’est en effet un genre qui, à travers ses nombreuses productions, n’a eu de cesse de dépeindre la conquête mouvementée du territoire américain au cours du XIXème siècle ainsi que tous les évènements qui y furent liés de près ou de loin. Si le genre connut une renaissance au tout début des années 1990 avec le sublime Danse avec les loups de Kevin Costner, il n’a jamais plus retrouvé le faste de ses grandes années durant l’âge d’or hollywoodien. Le Western se fait donc aujourd’hui de plus en plus rare sur les écrans. La preuve que le genre n’est plus très vendeur et n’attire plus les foules en salles réside dans l’échec commercial de Cowboys et envahisseurs pendant l’été 2011, crucifié sur place avant même sa sortie à cause de son titre, et de The Lone Ranger l’an dernier, adaptation moderne d’une très populaire série des années 60 – deux films qui, au demeurant, possédaient de bonnes idées vis-à-vis des thématiques inhérentes au genre. Rares sont les Westerns à avoir été salués par la critique et encensés par le public, et, lorsque ce fut le cas, c’était bien plus grâce aux réalisateurs derrière la caméra – que ce soit True Grit, Django Unchained ou le récent The Homesman, les gens y sont surtout allés pour voir le nouveau film des frères Coen, de Quentin Tarantino ou de Tommy Lee Jones. Plus rares encore, ces dernières années, sont les Westerns à ne pas être de nationalité américaine. On se souvient que fin 2008, Kim Jee-woon rendait un bel hommage à la trilogie du Dollar avec son Western déjanté Le Bon, la Brute et le Cinglé. Quelques années plus tard, à la fin de l’été 2011, sortait le très beau Western crépusculaire Blackthorn, qui revisitait la légende de Butch Cassidy. Deux films passés inaperçus ou presque, du moins en France. Aujourd’hui, c’est Kristian Levring, réalisateur danois dont le dernier film remonte à 2002, qui tente sa chance dans ce registre, et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa tentative est particulièrement réussie : The Salvation est un brillant Western porté par un casting de haute volée, qui s’approprie parfaitement les codes du genre et s’inscrit dans la lignée de ses classiques, ceux de John Ford, de Sergio Leone ou encore de Sam Peckinpah.

Synopsis

Un endroit de la Frontière américaine, 1871. Jon et son frère Peter sont des pionniers parmi d’autres, tentant de mener une vie décente et sans histoire dans les contrées arides et sauvages d’un territoire encore loin d’être dominé. Sept ans plus tôt, les deux frères ont fui leur pays, le Danemark, alors ravagé par les flammes de la seconde guerre prusso-danoise, et Jon fut obligé de laisser sa femme Marie et son fils Kresten là-bas. C’est donc avec une certaine émotion qu’il les accueille sur le quai de la gare pour les emmener dans l’exploitation de son frère. Les retrouvailles sont cependant de courte durée : dans la diligence qui les transporte, Jon et sa famille sont menacés par les deux hommes qui la partagent avec eux, et le pionnier est éjecté. Retrouvant son fils assassiné et sa femme violée et tuée, il abat les deux responsables. Ce que Jon ne sait pas, c’est qu’il vient de tuer le frère d’Henry Delarue, un chef de gang impitoyable qui fait régner la terreur dans la petite ville proche avec ses hommes de main. Trahi par les habitants qui ont trop peur de Delarue pour s’opposer à lui, Jon va d’abord devoir survivre s’il veut ensuite pouvoir en finir avec le gang une bonne fois pour toutes, ne pouvant compter que sur l’aide de son frère et de la mystérieuse Madelaine, femme muette elle aussi sous la coupe de Delarue.

Frontière très sauvage

L’un des avantages de faire un film assez court – 1h32 au compteur – est que Kristian Levring ne traîne pas à mettre en place l’ambiance de son œuvre. Dès le plan d’ouverture, le spectateur a la sensation d’être face à un authentique Western : la gare où Jon attend sa famille est petite, les gens n’y sont pas nombreux, les hommes portent des chapeaux de cowboys, les femmes se protègent du soleil avec de petites ombrelles, le réservoir d’eau est la seule chose se situant à proximité de l’unique voie ferrée. La séquence d’ouverture fournit déjà plusieurs informations sur les ambitions scénaristiques du film : Kristian Levring et son coscénariste Anders Thomas Jensen montrent d’emblée qu’en 1871, la Frontière américaine – l’Ouest sauvage – est encore loin d’être entièrement conquise, qu’elle reste un territoire hostile qui n’est pas maîtrisé, où le danger peut provenir aussi bien du climat particulièrement épuisant que des animaux ou même des hommes. Une impression qui se confirme immédiatement après, lorsque Jon, sa femme et son fils se retrouvent en compagnie du frère de Delarue et de son camarade dans la diligence. Sans aucune raison apparente si ce n’est qu’ils se sentent plus forts et plus intimidants, les deux hommes commencent par se montrer indécents envers Marie, puis éjectent Jon de la diligence, tuent sans autre forme de procès son fils et le laissent sur le bord de la route, avant de violer sa femme et de l’abattre elle aussi. Le message est clair dès le début : durant la seconde moitié du XIXème siècle, l’Ouest américain, s’il est le lieu de tous les rêves et tous les espoirs de nouveau départ, est surtout un endroit où la loi n’est encore que celle du plus fort et où la civilisation a bien du mal à s’implanter.

La sauvagerie de cet Ouest encore indompté, de cette Frontière toujours mouvante qui transforme les hommes de manière irrémédiable, peut être vue comme le fil conducteur de tout le film. Si la violence n’est jamais ici poussée à son paroxysme comme dans un Django Unchained ou montrée de manière frontale comme dans les films de Sergio Leone – dont Levring revendique totalement l’influence par ailleurs –, elle est suffisamment explicite pour donner une bonne idée de l’ambiance qui régnait dans ces contrées à cette époque, où personne n’était vraiment à l’abri. La façon avec laquelle les dangers de la Frontière modifient le comportement des pionniers et des colons semble être au cœur de la réflexion de Levring. Cela se voit notamment à travers l’itinéraire des deux personnages centraux, Jon et Delarue, qui, de manière intéressante, ont presque plus de points communs que de différences. Jon a combattu aux côtés de son frère durant la seconde guerre prusso-danoise, est parti pour fuir ses horreurs et voit sa famille mourir au début du film ; Delarue est un ancien colonel ayant combattu durant les guerres indiennes qui a été traumatisé par les atrocités qu’il a vues et commises, ce qui l’a profondément transformé – l’un des adjoints du shérif dit à un moment que c’était autrefois un homme bon –, et Jon tue celui qui était sa seule et unique famille, son frère. Ainsi donc, les deux hommes se ressemblent plus qu’ils ne s’opposent : Delarue, autrefois un homme du bon côté de la loi, applique désormais la sienne et tue qui il veut comme bon lui semble, soumettant les habitants de la ville à des exigences toujours plus dures ; Jon, qui n’aspirait qu’à oublier son passé et à vivre sereinement avec sa famille, est obligé d’avoir recours à la violence lorsqu’il perd tout et n’a plus d’autre option pour s’en sortir alors que, paradoxalement, c’est justement cette même violence qu’il fuyait sept ans plus tôt. C’est là que réside peut-être l’idée maîtresse des deux scénaristes, qui semblent vraiment s’être beaucoup documentés sur la période : avant de pouvoir s’installer et vivre sur les territoires de la Frontière, les colons, pionniers et autres aventuriers doivent d’abord y survivre, et cette survie ne peut pas se faire autrement que par la violence, la loi du monde civilisé n’ayant pas encore cours. Capturé et maltraité par le gang de Delarue – notamment lors d’une très belle scène sous la pluie, où il est attaché à un poteau par les deux poignets –, Jon doit d’abord tout faire pour survivre avant de pouvoir espérer se débarrasser d’eux et reprendre le fil de sa vie, tandis que Delarue n’est finalement que le reflet de la folie qui pouvait gagner les hommes

Face à cette violence inhérente à la Conquête de l’Ouest, les attitudes pouvaient varier d’un colon à l’autre, et, là encore, c’est un élément que Levring montre parfaitement avec les personnages qui peuplent la petite ville. Que ce soit Keane, le maire en apparence bon et amical mais en réalité faible et corrompu, Mallick, le shérif qui n’ose pas s’opposer à Delarue de peur d’être tué mais n’hésite pas à arrêter Jon pour le lui remettre, ou encore les deux colons espagnols qui dénoncent Jon, les habitants de la ville font preuve d’une grande lâcheté et préfèrent se soumettre à Delarue et sa bande plutôt que d’essayer de les combattre, persuadés d’avoir perdu d’avance mais espérant tout de même que quelqu’un les délivre un jour de ce fléau. Cela évoque quelque chose à ceux qui connaissent leurs classiques ? C’est tout à fait normal, puisqu’il s’agit d’une référence évidente au chef-d’œuvre de 1952 de Fred Zinnemann, Le train sifflera trois fois, dans lequel un shérif sur le point de démissionner pour se marier apprend qu’un bandit qu’il a autrefois envoyé derrière les barreaux revient par le train pour se venger, et tente de recruter des habitants pour faire face au gang, mais se retrouve finalement seul et abandonné de tous pour les affronter. Seuls trois personnages, Peter, le frère de Jon, Voichek, le jeune homme dont la grand-mère a été tuée par Delarue, et Madelaine, la femme muette du frère de Delarue qui en a marre d’être sous l’emprise du gang, osent venir en aide au pionnier danois dans sa quête de vengeance et de justice.

C’est l’histoire d’un pays…

Au delà de toutes ces considérations, le scénario possède également plusieurs éléments historiques particulièrement intéressants. La date choisie par Levring et son coscénariste pour placer leur intrigue ne semble pas avoir été prise au hasard. En 1871, l’Amérique est en pleine phase de reconstruction six ans après la fin de la guerre de Sécession. Cinq ans plus tard, le général George Armstrong Custer perdra la vie dans la bataille de Little Big Horn face à la coalition indienne emmenée par le chef Sitting Bull. Le thème des guerres indiennes qui se poursuivent est d’ailleurs présent en filigrane dans le film, à travers le personnage de Delarue bien sûr, mais aussi celui de Madelaine, dont la langue a été coupée lorsqu’elle était petite par des Indiens, expliquant ainsi son mutisme – une façon pour Levring de rappeler que malgré l’avancée inexorable des colons, les territoires de l’Ouest sauvage restent dominés durant la deuxième moitié du XIXème par des tribus indiennes qui ne font finalement que défendre leurs terres. Le train et la voie ferrée, bien que montrés ici par intermittence, permettent au réalisateur de rappeler qu’en 1871, la révolution industrielle est lancée et qu’elle facilitera grandement la fin de la colonisation.

Mais, par dessus tout, The Salvation possède une idée qui n’a que trop rarement été exploitée dans d’autres grands films du genre et qui suffit à lui conférer son originalité, à savoir que la Frontière ne fut pas conquise uniquement par des colons venus d’Angleterre mais bien par des gens de nombreuses nationalités, fuyant dans leurs pays la guerre, la maladie, la persécution religieuse ou les troubles sociaux. Ainsi, Jon et Peter viennent du Danemark ; Henry Delarue, son frère et d’autres habitants du village sont anglais ; Le Corse, le bras droit de Delarue, est originaire de France ; les deux colons qui dénoncent Jon viennent d’un pays hispanophone. Il y a là l’idée puissante et presque jamais vue auparavant que la Destinée Manifeste, idéologie apparue au milieu du XIXème selon laquelle cet immense territoire était donné par Dieu aux colons pour qu’ils y répandent la civilisation et la démocratie quels que soient les moyens utilisés (y compris la violence donc), n’était pas uniquement réservée aux opposants du roi Georges III et ses successeurs, mais bien à tous les habitants d’Europe qui pensaient que leur salut (salvation) pourrait venir de cette terre nouvelle. Une idée qui, même si elle n’est pas exploitée autant qu’elle le pourrait, apporte une véritable fraîcheur, chose remarquable à l’heure qu’il est dans un genre où pratiquement tout a déjà été fait.

Dans le mille

Au delà de son histoire extrêmement réussie et ne souffrant d’aucun temps mort – le rythme est parfaitement bien dosé, la tension, quoique se relâchant un peu parfois, est constante du début à la fin –, ce qui impressionne surtout, c’est la façon avec laquelle Levring s’approprie de manière très réussie les codes du genre. Dans sa photographie d’abord, les couleurs très chaudes et vives montrant l’aridité des paysages de l’Ouest et contrastant avec les tons beaucoup plus froids des scènes de nuit – dont plusieurs sous la pluie –, où la luminosité parfaitement dosée donne l’impression que seule la lune éclaire les décors. Dans les paysages filmés aussi, vastes étendues qui s’allongent jusqu’à l’horizon et parsemées de hautes et majestueuses collines qui rappellent celles de Monument Valley et renvoient directement aux films de John Ford. Dans le soin apporté aux décors, aux costumes et aux armes également, que ce soit les bottes avec éperons et les chapeaux des hommes, le Colt et le fusil Winchester, la parfaite reconstitution d’une petite ville de la Frontière avec son saloon, sa banque ou encore sa prison. Sans oublier la très belle musique composée par Kasper Winding, dont les premiers morceaux semblent être un véritable hommage au maître du genre, Ennio Morricone. Mais surtout, les codes du genre sont parfaitement bien employés dans la mise en scène qui, si elle se veut volontairement classique, n’en demeure pas moins très bien exécutée. Ainsi, Levring filme les bottes avec éperons en travelling latéral serré, utilise souvent des plans américains ou des plans de groupe pour mieux isoler un personnage en particulier et ainsi montrer qu’il a plus d’importance que les autres, ou des plans beaucoup plus larges pour permettre au spectateur de contempler un décor ou un paysage dans son intégralité. Dans une séquence assez mémorable, Peter se moque d’un adjoint du shérif qu’il a auparavant défiguré ; plus les moqueries se font méchantes et insistantes, plus les plans sur les deux personnages sont serrés, faisant ainsi monter la tension de manière graduelle. Levring pousse le vice jusqu’à utiliser des plans très iconiques qui rappellent certains chefs-d’œuvre des cinéastes dont il s’inspire ; impossible, par exemple, de ne pas penser au superbe plan final de La Prisonnière du désert de John Ford en voyant au début la diligence s’éloigner de la ville à travers l’encadrement d’une porte. Quant au climax, il s’apparente par plusieurs côtés à la fusillade finale du génial Open Range de Kevin Costner. Les détails accordés aux visages des personnages ne sont pas en reste, les gueules burinées, défigurées, vérolées, aux joues entaillées ou auxquelles il manque un œil rappelant fortement celles des personnages des Westerns de Sergio Leone ou de Sam Peckinpah, notamment ceux de La horde sauvage. A ce niveau-là aussi donc, Kristian Levring parvient à retranscrire l’ambiance des meilleurs films du genre, dont l’influence se fait clairement ressentir.

Déjà éblouissant dans le rôle de Michael Kohlhaas dans le film éponyme d’Arnaud des Pallières l’an dernier, Mads Mikkelsen récidive ici dans la peau de Jon, un rôle taillé pour lui duquel il dégage un charisme presque magnétique et qui rappelle à sa façon d’autres personnages mythiques du genre campés par Clint Eastwood, John Wayne ou encore Gary Cooper. Une interprétation sans fausse note qui confirme une nouvelle fois l’excellence de l’acteur danois. A ses côtés, les deux acteurs qui retiennent le plus l’attention sont Jeffrey Dean Morgan et Eva Green. Plus que mémorable dans le rôle du Comédien de le Watchmen de Zack Snyder il y a cinq ans, et n’ayant pas vraiment joué dans des films ayant eu une grosse visibilité depuis, Jeffrey Dean Morgan trouve ici un rôle à la mesure de son talent et apporte une véritable profondeur à un personnage complexe qui reflète parfaitement la dangerosité de la Frontière et arrive à être menaçant sans jamais élever la voix. Eva Green, quant à elle, incarne une femme forte et déterminée mais possédant aussi une part de fragilité qui, là encore, n’est pas sans rappeler les personnages interprétés par Claudia Cardinale dans Les professionnels de Richard Brooks ou Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone. Le reste du casting, comprenant aussi Mikael Persbrandt et Jonathan Pryce, est tout à fait honorable.

Quelques balles rouillées

La petite déception de ce casting provient d’Eric Cantona qui, s’il fait preuve d’une présence indéniable à l’écran, n’a pas grand-chose à faire. Si son talent est incontestable, l’ancien King de Manchester United doit avoir en tout dix lignes de dialogues durant le film et, bien qu’il soit le bras droit de Delarue, son personnage est trop similaire aux autres membres du gang pour vraiment donner l’impression d’être à part.

Outre le cas d’Eric Cantona, le principal reproche qui pourrait être fait au Western de Kristian Levring est que s’il est impeccablement rythmé, paradoxalement, il comporte tellement de bonnes idées qu’il donne l’impression de ne pas être suffisamment long pour toutes les exploiter pleinement. Si de nombreux films, aujourd’hui, s’étendent sur une durée bien trop importante pour ce qu’ils ont réellement à raconter, celui-ci pourrait sans peine être plus long de 20 à 30 minutes pour aller encore plus loin dans sa réflexion et développer encore plus son intrigue et ses personnages. Ce ne sont cependant là que des défauts mineurs au regard de la qualité globale du film, qui n’entachent en rien le plaisir de le voir.

Conclusion

A l’instar de ses protagonistes et de son univers cosmopolite, Kristian Levring prouve qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être américain pour signer un superbe Western. Truffé de références et d’excellentes idées par rapport à certains des thèmes les plus importants du genre, particulièrement respectueux de bon nombre de ses codes qu’il utilise de manière adéquate dans sa mise en scène, ses paysages, ses personnages et sa musique, très bien rythmé, doté d’un casting international de haute volée, dur et intense sans être excessivement violent comme d’autres ont pu l’être avant, le film de Levring est le Western européen que l’on attendait plus vraiment au milieu de toutes les productions du genre venues d’Amérique du Nord, qui continueront de toute façon d’être majoritaires à l’avenir. Il n’empêche, The Salvation s’impose sans conteste comme le meilleur Western de ces dernières années, et mériterait sincèrement d’être un succès critique et commercial. Une réussite totale.


The Salvation. Réalisé par Kristian Levring. Ecrit par Kristian Levring et Anders Thomas Jensen. Produit par Sisse Graum Jorgensen, Tracy Brimm, Kate Myers, Peter Garde et Peter Aalbaek Jensen. Avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan, Eric Cantona, Mikael Persbrandt, Jonathan Pryce, Douglas Henshall et Michael Raymond-James. Distribué en France par Jour2Fête et Chrysalis Films. 92 minutes.


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