Note : 18/20
Un puissant
et excellent Western européen comme il n’y en a pas eu depuis très longtemps,
extrêmement référencé et ayant le goût des vrais classiques, s’appropriant
parfaitement les codes du genre, très ambitieux dans ses idées scénaristiques
et pouvant compter sur un solide casting
Le Western. Un genre qui, pour beaucoup, appartient presque
exclusivement aux Etats-Unis. C’est en effet un genre qui, à travers ses
nombreuses productions, n’a eu de cesse de dépeindre la conquête mouvementée du
territoire américain au cours du XIXème siècle ainsi que tous les évènements
qui y furent liés de près ou de loin. Si le genre connut une renaissance au
tout début des années 1990 avec le sublime Danse
avec les loups de Kevin Costner, il n’a jamais plus retrouvé le faste de
ses grandes années durant l’âge d’or hollywoodien. Le Western se fait donc
aujourd’hui de plus en plus rare sur les écrans. La preuve que le genre n’est
plus très vendeur et n’attire plus les foules en salles réside dans l’échec
commercial de Cowboys et envahisseurs pendant
l’été 2011, crucifié sur place avant même sa sortie à cause de son titre, et de
The Lone Ranger l’an dernier,
adaptation moderne d’une très populaire série des années 60 – deux films qui,
au demeurant, possédaient de bonnes idées vis-à-vis des thématiques inhérentes
au genre. Rares sont les Westerns à avoir été salués par la critique et
encensés par le public, et, lorsque ce fut le cas, c’était bien plus grâce aux
réalisateurs derrière la caméra – que ce soit True Grit, Django Unchained ou
le récent The Homesman, les gens y
sont surtout allés pour voir le nouveau film des frères Coen, de Quentin
Tarantino ou de Tommy Lee Jones. Plus rares encore, ces dernières années, sont
les Westerns à ne pas être de nationalité américaine. On se souvient que fin
2008, Kim Jee-woon rendait un bel hommage à la trilogie du Dollar avec son
Western déjanté Le Bon, la Brute et le
Cinglé. Quelques années plus tard, à la fin de l’été 2011, sortait le très
beau Western crépusculaire Blackthorn,
qui revisitait la légende de Butch Cassidy. Deux films passés inaperçus ou
presque, du moins en France. Aujourd’hui, c’est Kristian Levring, réalisateur
danois dont le dernier film remonte à 2002, qui tente sa chance dans ce
registre, et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa tentative est
particulièrement réussie : The Salvation est un brillant Western
porté par un casting de haute volée, qui s’approprie parfaitement les codes du
genre et s’inscrit dans la lignée de ses classiques, ceux de John Ford, de
Sergio Leone ou encore de Sam Peckinpah.
Synopsis
Un endroit de la Frontière américaine, 1871. Jon et
son frère Peter sont des pionniers parmi d’autres, tentant de mener une vie
décente et sans histoire dans les contrées arides et sauvages d’un territoire
encore loin d’être dominé. Sept ans plus tôt, les deux frères ont fui leur
pays, le Danemark, alors ravagé par les flammes de la seconde guerre
prusso-danoise, et Jon fut obligé de laisser sa femme Marie et son fils Kresten
là-bas. C’est donc avec une certaine émotion qu’il les accueille sur le quai de
la gare pour les emmener dans l’exploitation de son frère. Les retrouvailles
sont cependant de courte durée : dans la diligence qui les transporte, Jon
et sa famille sont menacés par les deux hommes qui la partagent avec eux, et le
pionnier est éjecté. Retrouvant son fils assassiné et sa femme violée et tuée,
il abat les deux responsables. Ce que Jon ne sait pas, c’est qu’il vient de
tuer le frère d’Henry Delarue, un chef de gang impitoyable qui fait régner la
terreur dans la petite ville proche avec ses hommes de main. Trahi par les
habitants qui ont trop peur de Delarue pour s’opposer à lui, Jon va d’abord
devoir survivre s’il veut ensuite pouvoir en finir avec le gang une bonne fois
pour toutes, ne pouvant compter que sur l’aide de son frère et de la
mystérieuse Madelaine, femme muette elle aussi sous la coupe de Delarue.
Frontière
très sauvage
L’un des avantages de faire un film assez court –
1h32 au compteur – est que Kristian Levring ne traîne pas à mettre en place
l’ambiance de son œuvre. Dès le plan d’ouverture, le spectateur a la sensation
d’être face à un authentique Western : la gare où Jon attend sa famille
est petite, les gens n’y sont pas nombreux, les hommes portent des chapeaux de
cowboys, les femmes se protègent du soleil avec de petites ombrelles, le
réservoir d’eau est la seule chose se situant à proximité de l’unique voie
ferrée. La séquence d’ouverture fournit
déjà plusieurs informations sur les ambitions scénaristiques du film :
Kristian Levring et son coscénariste Anders Thomas Jensen montrent d’emblée
qu’en 1871, la Frontière américaine – l’Ouest sauvage – est encore loin d’être
entièrement conquise, qu’elle reste un territoire hostile qui n’est pas maîtrisé,
où le danger peut provenir aussi bien du climat particulièrement épuisant que
des animaux ou même des hommes. Une impression qui se confirme immédiatement après,
lorsque Jon, sa femme et son fils se retrouvent en compagnie du frère de
Delarue et de son camarade dans la diligence. Sans aucune raison apparente si
ce n’est qu’ils se sentent plus forts et plus intimidants, les deux hommes
commencent par se montrer indécents envers Marie, puis éjectent Jon de la
diligence, tuent sans autre forme de procès son fils et le laissent sur le bord
de la route, avant de violer sa femme et de l’abattre elle aussi. Le message
est clair dès le début : durant la
seconde moitié du XIXème siècle, l’Ouest américain, s’il est le lieu de tous
les rêves et tous les espoirs de nouveau départ, est surtout un endroit où la
loi n’est encore que celle du plus fort et où la civilisation a bien du mal à
s’implanter.
La sauvagerie de cet Ouest encore indompté, de cette
Frontière toujours mouvante qui transforme les hommes de manière irrémédiable,
peut être vue comme le fil conducteur de tout le film. Si la violence n’est
jamais ici poussée à son paroxysme comme dans un Django Unchained ou montrée de manière frontale comme dans les
films de Sergio Leone – dont Levring revendique totalement l’influence par
ailleurs –, elle est suffisamment explicite pour donner une bonne idée de
l’ambiance qui régnait dans ces contrées à cette époque, où personne n’était
vraiment à l’abri. La façon avec
laquelle les dangers de la Frontière modifient le comportement des pionniers et
des colons semble être au cœur de la réflexion de Levring. Cela se voit
notamment à travers l’itinéraire des deux personnages centraux, Jon et Delarue,
qui, de manière intéressante, ont presque plus de points communs que de
différences. Jon a combattu aux côtés de son frère durant la seconde guerre
prusso-danoise, est parti pour fuir ses horreurs et voit sa famille mourir au
début du film ; Delarue est un ancien colonel ayant combattu durant les
guerres indiennes qui a été traumatisé par les atrocités qu’il a vues et
commises, ce qui l’a profondément transformé – l’un des adjoints du shérif dit
à un moment que c’était autrefois un homme bon –, et Jon tue celui qui était sa
seule et unique famille, son frère. Ainsi donc, les deux hommes se ressemblent
plus qu’ils ne s’opposent : Delarue, autrefois un homme du bon côté de la
loi, applique désormais la sienne et tue qui il veut comme bon lui semble,
soumettant les habitants de la ville à des exigences toujours plus dures ;
Jon, qui n’aspirait qu’à oublier son passé et à vivre sereinement avec sa
famille, est obligé d’avoir recours à la violence lorsqu’il perd tout et n’a
plus d’autre option pour s’en sortir alors que, paradoxalement, c’est justement
cette même violence qu’il fuyait sept ans plus tôt. C’est là que réside
peut-être l’idée maîtresse des deux scénaristes, qui semblent vraiment s’être
beaucoup documentés sur la période : avant
de pouvoir s’installer et vivre sur les territoires de la Frontière, les
colons, pionniers et autres aventuriers doivent d’abord y survivre, et cette
survie ne peut pas se faire autrement que par la violence, la loi du monde
civilisé n’ayant pas encore cours. Capturé et maltraité par le gang de
Delarue – notamment lors d’une très belle scène sous la pluie, où il est
attaché à un poteau par les deux poignets –, Jon doit d’abord tout faire pour
survivre avant de pouvoir espérer se débarrasser d’eux et reprendre le fil de
sa vie, tandis que Delarue n’est finalement que le reflet de la folie qui pouvait
gagner les hommes
Face à cette violence inhérente à la Conquête de
l’Ouest, les attitudes pouvaient varier d’un colon à l’autre, et, là encore,
c’est un élément que Levring montre parfaitement avec les personnages qui
peuplent la petite ville. Que ce soit Keane, le maire en apparence bon et
amical mais en réalité faible et corrompu, Mallick, le shérif qui n’ose pas
s’opposer à Delarue de peur d’être tué mais n’hésite pas à arrêter Jon pour le
lui remettre, ou encore les deux colons espagnols qui dénoncent Jon, les habitants de la ville font preuve d’une
grande lâcheté et préfèrent se soumettre à Delarue et sa bande plutôt que
d’essayer de les combattre, persuadés d’avoir perdu d’avance mais espérant
tout de même que quelqu’un les délivre un jour de ce fléau. Cela évoque quelque
chose à ceux qui connaissent leurs classiques ? C’est tout à fait normal,
puisqu’il s’agit d’une référence
évidente au chef-d’œuvre de 1952 de Fred Zinnemann, Le train sifflera trois fois, dans lequel un shérif sur le
point de démissionner pour se marier apprend qu’un bandit qu’il a autrefois
envoyé derrière les barreaux revient par le train pour se venger, et tente de
recruter des habitants pour faire face au gang, mais se retrouve finalement
seul et abandonné de tous pour les affronter. Seuls trois personnages, Peter,
le frère de Jon, Voichek, le jeune homme dont la grand-mère a été tuée par
Delarue, et Madelaine, la femme muette du frère de Delarue qui en a marre
d’être sous l’emprise du gang, osent venir en aide au pionnier danois dans sa
quête de vengeance et de justice.
C’est
l’histoire d’un pays…
Au delà de
toutes ces considérations, le scénario possède également plusieurs éléments
historiques particulièrement intéressants. La date choisie par Levring et son coscénariste pour placer leur
intrigue ne semble pas avoir été prise au hasard. En 1871, l’Amérique est en
pleine phase de reconstruction six ans après la fin de la guerre de Sécession.
Cinq ans plus tard, le général George Armstrong Custer perdra la vie dans la
bataille de Little Big Horn face à la coalition indienne emmenée par le chef
Sitting Bull. Le thème des guerres indiennes qui se poursuivent est d’ailleurs
présent en filigrane dans le film, à travers le personnage de Delarue bien sûr,
mais aussi celui de Madelaine, dont la langue a été coupée lorsqu’elle était
petite par des Indiens, expliquant ainsi son mutisme – une façon pour Levring
de rappeler que malgré l’avancée inexorable des colons, les territoires de
l’Ouest sauvage restent dominés durant la deuxième moitié du XIXème par des
tribus indiennes qui ne font finalement que défendre leurs terres. Le train et
la voie ferrée, bien que montrés ici par intermittence, permettent au
réalisateur de rappeler qu’en 1871, la révolution industrielle est lancée et
qu’elle facilitera grandement la fin de la colonisation.
Mais, par dessus tout, The Salvation possède une
idée qui n’a que trop rarement été exploitée dans d’autres grands films du
genre et qui suffit à lui conférer son originalité, à savoir que la Frontière
ne fut pas conquise uniquement par des colons venus d’Angleterre mais bien par
des gens de nombreuses nationalités, fuyant dans leurs pays la guerre, la
maladie, la persécution religieuse ou les troubles sociaux. Ainsi, Jon et Peter
viennent du Danemark ; Henry Delarue, son frère et d’autres habitants du
village sont anglais ; Le Corse, le bras droit de Delarue, est originaire
de France ; les deux colons qui dénoncent Jon viennent d’un pays
hispanophone. Il y a là l’idée puissante
et presque jamais vue auparavant que la Destinée Manifeste, idéologie apparue
au milieu du XIXème selon laquelle cet immense territoire était donné par Dieu
aux colons pour qu’ils y répandent la civilisation et la démocratie quels que
soient les moyens utilisés (y compris la violence donc), n’était pas uniquement
réservée aux opposants du roi Georges III et ses successeurs, mais bien à tous
les habitants d’Europe qui pensaient que leur salut (salvation) pourrait venir de cette terre nouvelle. Une idée
qui, même si elle n’est pas exploitée autant qu’elle le pourrait, apporte une
véritable fraîcheur, chose remarquable à l’heure qu’il est dans un genre où
pratiquement tout a déjà été fait.
Dans le
mille
Au delà de son histoire extrêmement réussie et ne
souffrant d’aucun temps mort – le rythme est parfaitement bien dosé, la
tension, quoique se relâchant un peu parfois, est constante du début à la fin
–, ce qui impressionne surtout, c’est la
façon avec laquelle Levring s’approprie de manière très réussie les codes du
genre. Dans sa photographie d’abord, les couleurs très chaudes et vives
montrant l’aridité des paysages de l’Ouest et contrastant avec les tons
beaucoup plus froids des scènes de nuit – dont plusieurs sous la pluie –, où la
luminosité parfaitement dosée donne l’impression que seule la lune éclaire les
décors. Dans les paysages filmés aussi, vastes étendues qui s’allongent jusqu’à
l’horizon et parsemées de hautes et majestueuses collines qui rappellent celles
de Monument Valley et renvoient directement aux films de John Ford. Dans le
soin apporté aux décors, aux costumes et aux armes également, que ce soit les
bottes avec éperons et les chapeaux des hommes, le Colt et le fusil Winchester,
la parfaite reconstitution d’une petite ville de la Frontière avec son saloon,
sa banque ou encore sa prison. Sans oublier la très belle musique composée par
Kasper Winding, dont les premiers morceaux semblent être un véritable hommage
au maître du genre, Ennio Morricone. Mais surtout, les codes du genre sont parfaitement bien employés dans la mise en scène
qui, si elle se veut volontairement classique, n’en demeure pas moins très bien
exécutée. Ainsi, Levring filme les bottes avec éperons en travelling
latéral serré, utilise souvent des plans américains ou des plans de groupe pour
mieux isoler un personnage en particulier et ainsi montrer qu’il a plus
d’importance que les autres, ou des plans beaucoup plus larges pour permettre
au spectateur de contempler un décor ou un paysage dans son intégralité. Dans
une séquence assez mémorable, Peter se moque d’un adjoint du shérif qu’il a
auparavant défiguré ; plus les moqueries se font méchantes et insistantes,
plus les plans sur les deux personnages sont serrés, faisant ainsi monter la
tension de manière graduelle. Levring
pousse le vice jusqu’à utiliser des plans très iconiques qui rappellent
certains chefs-d’œuvre des cinéastes dont il s’inspire ; impossible,
par exemple, de ne pas penser au superbe plan final de La Prisonnière du désert de John Ford en voyant au début la
diligence s’éloigner de la ville à travers l’encadrement d’une porte. Quant au
climax, il s’apparente par plusieurs côtés à la fusillade finale du génial Open Range de Kevin Costner. Les détails
accordés aux visages des personnages ne sont pas en reste, les gueules
burinées, défigurées, vérolées, aux joues entaillées ou auxquelles il manque un
œil rappelant fortement celles des personnages des Westerns de Sergio Leone ou
de Sam Peckinpah, notamment ceux de La
horde sauvage. A ce niveau-là aussi donc, Kristian Levring parvient à retranscrire l’ambiance des meilleurs films
du genre, dont l’influence se fait clairement ressentir.
Déjà éblouissant dans le rôle de Michael Kohlhaas
dans le film éponyme d’Arnaud des Pallières l’an dernier, Mads Mikkelsen
récidive ici dans la peau de Jon, un rôle taillé pour lui duquel il dégage un
charisme presque magnétique et qui rappelle à sa façon d’autres personnages
mythiques du genre campés par Clint Eastwood, John Wayne ou encore Gary Cooper.
Une interprétation sans fausse note qui
confirme une nouvelle fois l’excellence de l’acteur danois. A ses côtés,
les deux acteurs qui retiennent le plus l’attention sont Jeffrey Dean Morgan et
Eva Green. Plus que mémorable dans le rôle du Comédien de le Watchmen de Zack Snyder il y a cinq ans,
et n’ayant pas vraiment joué dans des films ayant eu une grosse visibilité
depuis, Jeffrey Dean Morgan trouve ici un rôle à la mesure de son talent et
apporte une véritable profondeur à un personnage complexe qui reflète
parfaitement la dangerosité de la Frontière et arrive à être menaçant sans
jamais élever la voix. Eva Green, quant à elle, incarne une femme forte et
déterminée mais possédant aussi une part de fragilité qui, là encore,
n’est pas sans rappeler les personnages interprétés par Claudia Cardinale dans Les professionnels de Richard Brooks ou Il était une fois dans l’Ouest de Sergio
Leone. Le reste du casting, comprenant aussi Mikael Persbrandt et Jonathan
Pryce, est tout à fait honorable.
Quelques
balles rouillées
La petite déception de ce casting provient d’Eric
Cantona qui, s’il fait preuve d’une présence indéniable à l’écran, n’a pas
grand-chose à faire. Si son talent est incontestable, l’ancien King de
Manchester United doit avoir en tout dix lignes de dialogues durant le film et,
bien qu’il soit le bras droit de Delarue, son
personnage est trop similaire aux autres membres du gang pour vraiment donner
l’impression d’être à part.
Outre le cas d’Eric Cantona, le principal reproche
qui pourrait être fait au Western de Kristian Levring est que s’il est
impeccablement rythmé, paradoxalement, il
comporte tellement de bonnes idées qu’il donne l’impression de ne pas être
suffisamment long pour toutes les exploiter pleinement. Si de nombreux
films, aujourd’hui, s’étendent sur une durée bien trop importante pour ce
qu’ils ont réellement à raconter, celui-ci pourrait sans peine être plus long
de 20 à 30 minutes pour aller encore plus loin dans sa réflexion et développer
encore plus son intrigue et ses personnages. Ce ne sont cependant là que des
défauts mineurs au regard de la qualité globale du film, qui n’entachent en
rien le plaisir de le voir.
Conclusion
A l’instar de ses protagonistes et de son univers
cosmopolite, Kristian Levring prouve
qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être américain pour signer un superbe
Western. Truffé de références et d’excellentes idées par rapport à certains
des thèmes les plus importants du genre, particulièrement respectueux de bon
nombre de ses codes qu’il utilise de manière adéquate dans sa mise en scène,
ses paysages, ses personnages et sa musique, très bien rythmé, doté d’un
casting international de haute volée, dur et intense sans être excessivement
violent comme d’autres ont pu l’être avant, le film de Levring est le Western
européen que l’on attendait plus vraiment au milieu de toutes les productions
du genre venues d’Amérique du Nord, qui continueront de toute façon d’être
majoritaires à l’avenir. Il n’empêche, The Salvation s’impose sans conteste
comme le meilleur Western de ces dernières années, et mériterait
sincèrement d’être un succès critique et commercial. Une réussite totale.
The
Salvation. Réalisé par Kristian
Levring. Ecrit par Kristian Levring et Anders Thomas Jensen. Produit par Sisse
Graum Jorgensen, Tracy Brimm, Kate Myers, Peter Garde et Peter Aalbaek Jensen.
Avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan, Eric Cantona, Mikael
Persbrandt, Jonathan Pryce, Douglas Henshall et Michael Raymond-James.
Distribué en France par Jour2Fête et Chrysalis Films. 92 minutes.
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